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Sauvons nos enfants!

Dernière mise à jour : 13 sept. 2023


Enfants, adolescents en danger


A l'occasion de la sortie de son livre chez Robert Laffont, Hélène Roques nous raconte l'enquête qu'elle a menée sur plusieurs années en partant à la rencontre de centaines d'ados 11-16 ans. Elle propose un voyage au coeur des adolescents, une analyse quantitative et qualitative, pour mieux les comprendre, reformer l'aide et le traitement de leur santé mentale et bâtir des solutions concrètes pour tout changer.


Première génération à avoir subi le passage de la puberté en plein confinement tout en étant connectée sans cesse


Les facteurs clés de la souffrance psychique des jeunes :

  • Trop de pressions et d'anxiété (école, famille, actualités, réseaux sociaux)

  • Fatigue,

  • Refus de subir,

  • Harcèlement,

  • Isolement,

  • Désirs inassouvis,

  • Découragements


Qui sont les adolescents les plus atteints?


Toute la génération alpha est concernée mais il apparait que les jeunes les plus touchés seraient ceux des grandes villes, les filles, les milieux favorisés.


Au travers d'une centaine d'interviews et d'enquêtes, Hélène Roques étudie cette période charnière entre l'enfance et le monde adulte, chahutée par le Covid 19 et les réseaux sociaux. Tout a changé alors que les structures d'accueil et les méthodes pour traiter de la souffrance psychique des jeunes datent des années 70...

Et si tout était à repenser?


Interview: Hélène Roques explique comment sauver nos enfants


Pourquoi avoir écrit ce livre?


J'ai écrit ce livre parce que je travaille depuis dix ans sur les questions de jeunesse, en tant que spécialiste de RSE, sur le rapport au climat, sur les questions d'obésité notamment, je me suis spécialisée sur le stress des ados. J'ai enquêté longuement en produisant

tous les deux ans des enquêtes avec Ipsos sur la jeunesse pour comprendre ce qui l’atteint.

J'ai par ailleurs décidé de créer, il y a trois ans, le baromètre des adolescents, avec une structure dédiée à ce baromètre "Notre avenir à tous" avec l 'ESSEC et la fondation Jean Jaurès qui m'ont soutenue et j ai posé une série de questions en 2021 et 2022 en octobre à 1000 adolescents entre 11 et 16 ans.

La question centrale était de comprendre si le mal-être des ados était lié exclusivement à la crise sanitaire…quelles étaient les causes profondes ?

J’avais une hypothèse…leur mal-être change avec la société ...leurs phobies scolaires, leurs anxiétés, leurs dépressions devaient être différentes de celles des générations nées avant 2000.


Quels ont été les constats principaux de la souffrance des jeunes?


Il est ressorti qu’en un an, tous les indicateurs d'anxiété et de dépressions étaient en hausse (plus que dans la population générale)...

Toutes les catégories sociales sont concernées mais nous avons été intéressés de mesurer en 2021 que les filles et les enfants des grands villes et issus des catégories favorisées étaient par exemple plus touchés…Une hypothèse pourrait être qu’ils se sentent plus autorisés à parler et à reconnaître cette souffrance. Ou qu'ils et elles savent mieux la verbaliser?


Toutes les régions de France recueillent les mêmes résultats mais plus les grandes villes et moins l’ouest de la France.


Dans toute la France le rapport à l'école, la peur des notes (69% des enfants ont très peur des notes ) l’anxiété face à l'actualité, la guerre, les violences faites aux femmes, le climat sont des sujets d’inquiétude croissante pour cette génération.



Était-ce suffisant pour savoir si les causes sont la crise sanitaire?


La seule façon de répondre à cette question était d’interroger aussi des adolescents sur leur parcours depuis leur enfance, et dans des entretiens longs face à face. Je voulais dépasser les études quantitatives. Pour ce livre, je suis allée à la rencontre d'une centaine d'adolescents issus de tous les milieux de Lille à Ajaccio.

J’interroge aussi les pédopsychiatres et professeurs sur la façon dont ils ont vu évoluer les adolescents, les animateurs, les parents...car je cherche à se faire se croiser les regards entre adultes sur la génération alpha.

Les parents doivent reconnaître le mal, laisser le temps aux jeunes de se soigner, il faut aussi que l’employeur leur donne du temps, et qu'il existe des structures pour soulager les familles qui manquent de temps, d’espace, d’expertise face à des ados démunis.


C’est l’objet de ce livre, créer du lien.




Qu'avez-vous appris ?


Ce que j’ai retenu : ils ont beaucoup à dire et à se dire!

Ils ont beaucoup à dire...

Que ce soit dans des zones classées prioritaires ou dans les centres ville, il ressort une absence de transmission générationnelle…les pédopsychiatres le soulignent aussi comme le dr Marion Robin... il est urgent que nous donnions une version intelligible sur le monde dans lequel ils grandissent.

Mais j ai en tête l’appel du jeune Kylian a MEAUX « pour réussir, nous avons besoin d’un discours ».

Le modèle de réussite véhiculé par notre société est remis en cause...Par quoi le remplacer?


Ils ont beaucoup à se dire...

Quelque soit la diversité de ces jeunes, ils parlent tous de leur « fatigue » et de leur pessimisme…cette fatigue ne peut pas être balayée au nom des déséquilibres hormonaux, il s’agit d’une véritable charge mentale propre à cette génération.


Et justement, cette fatigue est amenée à jouer un rôle dans cette génération, elle est un lien au nom de cette fatigue, ce découragement en commun, elle peut décider de trouver sa révolte et de rebondir.

C'est notre responsabilité de leur donner des moyens pour tisser ces liens…


Dépasser la notion de vivre ensemble pour le faire ensemble.

Cette "Génération connectée" veut dire se comparer, et on voit quels sont les ravages des réseaux sociaux.

Or, il faut au contraire, devenir une "Génération liée".

Nous pouvons créer des lieux, qui ne soient ni l'école ni la maison, pour se retrouver.

Il existe des maisons de quartier comme dans certaines villes à Troie, à Caen par exemple ou les ados des quartiers les plus pauvres disent ne manquer de rien ou avoir été sauvés.


On cesse de leur asséner l’injonction de vivre ensemble pour leur offrir la possibilité de faire ensemble.

C'est cette génération liée qui s'en sortira.


Toute la société peut y contribuer…



Les Trois étapes de l'adolescence


L'adolescence est une période de transition complexe et dynamique qui peut être divisée en trois étapes générales. Ces étapes ne sont pas strictement définies dans le temps et que chaque individu peut traverser cette période à son propre rythme. Comment mieux comprendre nos ados?


Les trois étapes de l'adolescence sont les suivantes :

  1. L'adolescence précoce (11-14 ans environ) :

    • Cette première étape est marquée par la puberté, la croissance rapide et le développement physique.

    • Les adolescents commencent à expérimenter des changements hormonaux majeurs, notamment le développement des caractères sexuels secondaires.

    • Ils commencent à développer leur identité personnelle, à explorer leurs intérêts, leurs valeurs et leurs goûts.

    • Les relations avec les pairs deviennent plus importantes, et il peut y avoir des défis liés à l'intégration sociale et à la recherche d'identité.


  1. L'adolescence moyenne (15-17 ans environ) :

    • Cette étape est caractérisée par une plus grande indépendance et une recherche d'autonomie par rapport aux parents.

    • Les adolescents continuent de développer leur identité et d'explorer des rôles sociaux plus adultes.

    • Les questions liées à l'orientation scolaire et professionnelle deviennent plus pressantes.

    • Les relations romantiques et amoureuses commencent à jouer un rôle plus important.


  1. L'adolescence tardive (18 ans et plus) :

    • Cette étape marque la transition vers l'âge adulte.

    • Les adolescents prennent des décisions importantes concernant leur éducation, leur carrière, leur indépendance financière et leur vie personnelle.

    • Les relations avec les pairs restent essentielles, mais les amitiés deviennent souvent plus stables et les liens sociaux s'élargissent.

    • Les adolescents développent des compétences en matière de résolution de problèmes et de prise de décision plus matures.


Chaque individu vit cette période de manière unique. Les adolescents peuvent traverser ces étapes à des rythmes différents, et certains peuvent faire face à des défis particuliers liés à des facteurs tels que la culture, le contexte socio-économique et les expériences de vie individuelles. Les parents, les éducateurs et les professionnels de la santé doivent être sensibles aux besoins individuels des adolescents et leur fournir un soutien approprié à chaque étape de leur développement.


Pourquoi faut-il sauver nos enfants?


La santé mentale des adolescents a été profondément affectée par la pandémie de COVID-19, et de nombreuses études et recherches ont été menées pour comprendre ces effets et évaluer l'ampleur du problème. Voici quelques points clés tirés des études et recherches sur la santé mentale des adolescents post-COVID :

  1. Augmentation des problèmes de santé mentale : plusieurs études ont montré une augmentation significative des problèmes de santé mentale parmi les adolescents depuis le début de la pandémie. Les taux de dépression, d'anxiété et de stress ont augmenté.

  2. Isolement social : le confinement, la distanciation sociale et la fermeture des écoles ont entraîné un isolement social important pour de nombreux adolescents. Cela a eu des répercussions sur leur bien-être émotionnel.

  3. Éducation en ligne et stress académique : l'adaptation à l'apprentissage en ligne et l'incertitude quant à l'éducation ont généré du stress supplémentaire pour de nombreux élèves.

  4. Impact sur les routines et les habitudes de vie : la pandémie a perturbé les routines quotidiennes, telles que l'exercice physique, le sommeil et l'alimentation, ce qui peut avoir un impact sur la santé mentale.

  5. Accès limité aux services de santé mentale : la demande de services de santé mentale pour les adolescents a augmenté, mais l'accès à ces services est souvent limité, ce qui peut entraîner des retards dans le traitement.

  6. Répercussions spécifiques sur les groupes vulnérables : certains groupes d'adolescents, tels que ceux ayant des antécédents de santé mentale, les minorités ethniques et les populations défavorisées, ont été particulièrement touchés.

  7. Préoccupations à long terme : il existe des préoccupations quant aux effets à long terme de la pandémie sur la santé mentale des adolescents, y compris la possibilité de troubles mentaux persistants.

Les études et recherches sur ce sujet sont en cours, car la situation évolue constamment. De nombreuses institutions et chercheurs se penchent sur ces questions pour mieux comprendre les besoins des adolescents et développer des interventions appropriées. Il est crucial de continuer à surveiller la santé mentale des adolescents et de mettre en place des ressources et des soutiens appropriés pour répondre à ces besoins. Les professionnels de la santé mentale, les éducateurs et les parents jouent un rôle essentiel dans la promotion de la santé mentale des adolescents pendant cette période difficile.

Les jeunes, âgés de 11 à 16 ans, qui prennent la parole dans le livre d'Hélène Roques, résident dans toutes les régions de France et proviennent de divers milieux sociaux. Hélène Roques a recueilli leurs témoignages en toute liberté, filles et garçons partagent leurs expériences, les rencontres qui les ont soutenus, inspirés, et parfois sauvés, mais aussi les moments difficiles, voire les blessures, qui ont ébranlé leur confiance en eux.


Plus de mille d'entre eux ont accepté de décrire les signes de leur mal-être à la maison, à l'école, devant les écrans, et dans le monde qui les entoure.


Alors que l'anxiété touche un jeune sur trois et qu'une génération entière se sent "sous pression," éprouvant un sentiment de désespoir et une fatigue accablante... que pouvons-nous faire ? Quelle impulsion les aidera à rebondir ?




Les résultats des enquêtes IPSOS pilotées par Hélène Roques (nOTRE AVENIR*)


Principales conclusions de l'étude :

  1. Un adolescent français sur deux présente des symptômes d'anxiété ou de dépression.

  2. Un adolescent sur trois est en suspicion d'"état d'anxiété généralisé" (contre un quart en 2021). Les adolescents issus de milieux sociaux plus favorisés sont légèrement plus touchés.

  3. 17 % des adolescents déclarent avoir des pensées suicidaires (contre 10 % en 2021).

  4. On observe une augmentation de la préoccupation concernant l'état du monde (+11 points par rapport à 2021) et une baisse de la préoccupation pour l'état de la planète (-7 points par rapport à 2021).

  5. Près d'un adolescent sur trois déclare avoir été victime de cyberviolence.

  6. Les niveaux d'anxiété et de dépression des adolescents ont fortement augmenté selon des tests cliniques. Près de la moitié des adolescents présente des symptômes d'anxiété, soit une augmentation de 10 points par rapport à 2021. De plus, 31 % des adolescents sont en suspicion de trouble anxieux généralisé, en hausse de 6 points par rapport à l'année précédente.

  7. Les pensées suicidaires ont augmenté de 7 points (17 % contre 10 % en 2021). 10 % des adolescents seraient en dépression sévère, une proportion stable par rapport à 2021.

  8. Les problèmes d'anxiété ont un impact significatif sur la scolarité et les relations sociales de plus d'un adolescent sur trois.

  9. De nombreux adolescents sous-estiment leur niveau de bien-être général, et seulement 6 % d'entre eux estiment ne pas aller bien.

  10. Environ un adolescent sur quatre n'a personne à qui parler de ses problèmes, et seulement 36 % ont parlé à un adulte de leurs problèmes.

  11. L'inquiétude face à l'actualité est en hausse, notamment en raison de l'incompréhension et de l'angoisse liées à l'information. La majorité des adolescents découvrent l'actualité via leur smartphone, sans personne pour leur expliquer.

  12. Les adolescents passent en moyenne près de 7 heures par semaine devant des écrans en dehors des devoirs, avec une utilisation croissante des smartphones en classe.

  13. La cyberviolence affecte 31 % des adolescents, avec des taux plus élevés chez ceux ayant un niveau d'anxiété élevé.

Ces résultats soulignent l'importance de prendre en compte la santé mentale des adolescents et de mettre en place des mesures de soutien et de prévention pour faire face à ces défis croissants. * Notre Avenir

Repenser l'accompagnement de la souffrance psychique des ados


Des enseignants, des pédopsychiatres, des infirmières, des travailleurs sociaux... confirment, dans ce livre sincère, la nature et la gravité des maux de nos enfants, tout en explorant les pistes de solution.

À partir de cette enquête sans précédent sur les cris de détresse de la jeunesse, cet ouvrage, destiné à tous les parents, aux professionnels de l'éducation, de la santé, de l'animation, ainsi qu'aux décideurs publics, propose des solutions susceptibles d'aider nos adolescents à vivre mieux, se soigner, réussir et s'épanouir.


Sauvons nos enfants, chez Robert Laffont, 21€, 356 pages

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