UA-199771119-1
 
Rechercher

Connais-tu dans ton couple un triangle dramatique ou triangle de karpman?

Connais tu dans ton couple un triangle dramatique ou triangle de Karpman?

Ton couple connaît-il beaucoup de conflits et ne trouve-t-il que peu de solutions apaisantes?

La communication est-elle soit inexistante, soit violente tandis que vous éprouvez une pression psychologique difficile à vivre?


Il est assez probable que tu te trouves coincé.e dans ce que Stephen Karpman M.D. appelle un triangle dramatique (ou triangle de Karpman).

La définition des triangles du drame de Karpman aussi appelés l'origine de conflit pathologique

Le triangle du drame a été conçu entre 1968 et 1972 par Karpman comme un moyen de représenter graphiquement l'interaction complexe qui se produit entre des personnes engagées dans un conflit pathologique. Le Dr Karpman était un jeune psychiatre qui étudiait avec Eric Berne, M.D., le créateur de la psychologie de l'analyse transactionnelle. L'analyse transactionnelle est fondée sur l'idée que le comportement et les relations sociales d'une personne reflètent un échange entre les aspects parentaux (critiques et nourriciers), enfantins (intuitifs et dépendants) et adultes (rationnels) de la personnalité établis très tôt dans la vie de l'individu.


Karpman a observé que dans les conflits et les drames, il y a contre dans les contes de fée le "gentil contre le méchant". Il a également observé que les participants sont attirés, voire séduits, par l'énergie générée par le drame. C'est pourquoi nous aimons tant les contes, les récits et l'actualité. Le drame occulte nos véritables problèmes, la confusion et la colère s'intensifient. Et on aime se complaire dans cet état plutôt que de rechercher des solutions qui étoufferaient les conflits.


Karpman a défini trois rôles dans la "transaction" : le persécuteur, le sauveteur (les positions dominantes) et la victime (la position inférieure). Karpman a placé ces trois rôles sur un triangle inversé et les a décrits comme étant les trois aspects, ou faces, du drame.


1/ La victime

La victime dans le triangle de Karpman n'est pas une victime réelle, mais plutôt quelqu'un qui se sent ou agit comme une victime. Karpman, qui s'intéressait au métier d'acteur et était membre de la guilde des acteurs de cinéma, a choisi le terme "triangle du drame" plutôt que celui de "triangle du conflit" parce que sa victime est un acteur. Nous sommes au coeur du théâtre. La victime se sent opprimée, désemparée, sans espoir, impuissante, honteuse, et semble incapable de prendre des décisions, de résoudre des problèmes. La posture est impuissante.


2/ Le persécuteur

Le persécuteur est cruel, critique, oppresseur, colérique, autoritaire, rigide et tout puissant. Le persécuteur fait porter la faute, culpabilise, pèse de tout son poids.


3/ Le sauveteur

C'est un facilitateur classique qui endosse des responsabilités et se sent coupable s'il ne sauve pas. Pourtant, son sauvetage a des effets négatifs : il maintient la victime dans la dépendance, il se rend indispensable et donne à l'opprimé la permission d'échouer. En concentrant son énergie sur les problèmes d'autrui, il évite de résoudre les siens.


Les triangles de Karpman peuvent se rencontrer dans toute relation, y compris professionnelle ou familiale mais ils sont particulièrement fréquents dans les relations avec des partenaires souffrant de troubles de la personnalité.


Cela ressemble à ta vie ? Vous voulez en finir avec les drames ? Vous pouvez échapper au conflit issu du triangle de Karpman.

Mais pour ce faire, les protagonistes doivent changer leur manière de gérer leur communication et les conflits.


Triangulation - Nos relations affectent notre bien-être

La psychiatrie a fait des progrès considérables après la Seconde Guerre mondiale. Les chercheurs ont observé que de nombreux patients vétérans déchirés par la guerre régressaient après leur retour dans leur famille. Ils se sentaient incompris et développaient des troubles psychologiques. Les chercheurs ont commencé à explorer l'effet des relations familiales sur les individus et ont découvert que certains environnements familiaux étaient extrêmement bénéfiques à la guérison et au rétablissement des patients, et que d'autres étaient extrêmement néfastes.


En 1966, Murray Bowen, M.D., a publié la théorie des systèmes familiaux de Bowen. L'un des éléments les plus critiques de sa théorie était le concept de triangulation dans la famille. Lorsqu'une personne se trouve en conflit avec une autre, elle s'adresse à une troisième personne qui devient un intermédiaire que l'on espère neutre. Le triangle qui en résulte (par exemple, un échange entre trois personnes) est plus confortable car la tension est déplacée autour de trois personnes au lieu de deux.


La triangulation est largement reconnue comme un facteur de stabilisation dans une famille, au travail, en équipe, dans l'entreprise, Nous pratiquons tous la triangulation parce que les triangles nous aident à faire face aux difficultés que nous rencontrons avec une autre personne.


Mais il existe des bonnes comme de mauvaises triangulations...

Car, si la triangulation est un facteur de stabilisation important, en milieu scolaire par exemple, elle peut parfois être un facteur de déstabilisation grave. La "mauvaise triangulation" (c'est-à-dire la triangulation pathologique) peut provoquer davantage de troubles dans une relation, en polarisant les communications et en provoquant une escalade des conflits.


Selon Bowen, les triangles ont au moins quatre issues possibles, dont deux sont bonnes et deux sont mauvaises.

C'est un théâtre qui se prête à tous les scripts possibles :


Un couple stable peut être déstabilisé par l'arrivée d'une troisième personne qui va interagir éventuellement à contre-courant (un parent qui veut reprendre du pouvoir, un enfant qui veut attirer l'attention, un ex qui veut s'interposer) ou au contraire restabilisé par le départ de cette troisième personne,

Un couple instable peut également être déstabilisé par la disparition d'une troisième personne qui équilibrait les protagonistes (un parent qui disparait, un enfant qui quitte la maison ...) ou reéquilibré par l'arrivée de quelqu'un.

Ces changements d'interlocuteurs affectent l'équilibre au sein de l'entité centrale.

Les comportements, les émotions en sont profondément modifiés.



Il est essentiel de reconnaître la différence entre une bonne triangulation et une mauvaise triangulation pour éviter d'entrer de façon répétée dans des relations toxiques..;


Comment analyser des triangles de Karpman dans son travail?


Le triangle de Karpman est un outil simple pour conceptualiser la dynamique des rôles dysfonctionnels dans un conflit et pour cartographier les changements de rôles à mesure que le conflit s'amplifie.

La compréhension des jeux qui se jouent entre individu, dans son travail comme dans une relation, aide à prendre du recul et à se détacher des risques inhérents à une telle situation.


Comment se forment les triangles dramatiques de Karpman et comment les éviter en management?

L'implication dans un triangle dramatique malsain n'est pas quelque chose qu'une autre personne vous fait. C'est quelque chose que vous faites avec une ou plusieurs autres personnes. Les triangles dramatiques de Karpman impliquent au moins deux personnes, souvent trois, et peuvent s'étendre à un plus grand nombre encore si plusieurs triangles liés se forment à l'intérieur d'une équipe par exemple. Le manager doit être à l'écoute, prêter attention et savoir détecter les signes faibles qui peuvent se détacher.


Les triangles dramatiques se forment lorsque des participants prédisposés à adopter les rôles d'un triangle dramatique se réunissent autour d'un problème. Il existe des motivations, souvent inconscientes, pour chaque participant du triangle. La raison pour laquelle le triangle perdure est que chaque participant voit ses besoins psychologiques satisfaits et se sent justifié dans son rôle - souvent par étapes- sans se rendre compte du dysfonctionnement et du préjudice plus larges qui se produisent. En bref, chaque participant joue un rôle auto-satisfaisant mais malsain, au lieu d'agir de manière véritablement responsable ou altruiste.


La victime commence ou catalyse la formation du triangle dramatique. La victime, si elle n'est pas "persécutée", cherchera un persécuteur et un sauveur qui "sauvera" la situation, mais qui perpétuera les sentiments négatifs de la victime. Selon Karpman, chaque fois que nous n'assumons pas la responsabilité de nos sentiments et que nous nous faisons passer pour une victime, nous préparons le terrain pour la formation et l'échec d'un triangle dramatique. Nous entrons de plein pied dans des schémas de manipulation.


Les actions du sauveteur sont souvent cruciales et tendent à déterminer le niveau d'intensité du conflit par l'agressivité de sa réponse. Dans les termes du triangle dramatique, le sauveteur est quelqu'un qui a un motif mixte et qui bénéficie d'une certaine manière du fait d'être "celui qui sauve". Avec une motivation apparente de résoudre le problème, et de grands efforts sincères pour le résoudre, il dissimule parfois une motivation cachée de ne pas réussir, ou de réussir d'une manière qui lui est profitable.


Chacun a tendance à adopter l'un des trois rôles du triangle, mais en réalité, chaque individu reproduit souvent la posture qui lui convient le mieux pour une simple raison psychologique, c'est un schéma qu'il adopte facilement. Le bourreau sait reconnaitre sa victime, et le sauveur aime reproduire ce rôle protecteur. Mais ensuite, les rôles s'inversent...


Comment les triangles dramatiques Karpman aggravent le drame

Les efforts pour contrôler et manœuvrer les autres dans le triangle prennent une vie propre et occultent les vrais problèmes et les solutions pratiques qui pourraient être trouvées. Chaque interlocuteur est gelé dans son rôle prédéterminé et a du mal à écrire une nouvelle page. Les actions des participants à ce type de conflit sont d'abord polarisées et le deviennent de plus en plus à mesure que des contre-actions sont entreprises. Les rôles de victime, de sauveteur et de persécuteur changent alors, ce qui accentue la polarisation et la violence du conflit.


La victime, par exemple, peut se venger et punir le persécuteur qui, à son tour, se sent victime. Le sauveteur peut être attaqué pour en avoir fait trop ou pas assez pour la victime ou le persécuteur, respectivement, et se sentir victime. La nouvelle victime peut chercher son propre sauveur, ce qui forme un nouveau triangle qui se chevauche partiellement avec un nouvel arrivé.


Quel que soit notre point de départ dans le triangle, nous passons généralement un certain temps en tant que victime, ce qui alimente la polarisation et le conflit.


Qui gagne dans un triangle dramatique de Karpman ?

En général, personne.


Si nous nous trouvons dans un triangle du drame, nous n'obtenons que du drame. C'est à ce moment là qu'on s'aperçoit du cercle vicieux crée par ces comportements.


Comment échapper au triangle du drame de Karpman ?

Si tu te retrouves dans un triangle dramatique de Karpman, résiste à la tentation de jouer le rôle exagéré de victime, de sauveur ou de persécuteur dans lequel vous avez été précipité (ou que vous avez vous-même choisie), et répondez par une action qui amène votre adversaire à voir à quel point sa position ressemble à celle d'un bourreau, ou d'un sauveur(sans que vous le lui disiez).


Déplacez-vous vers le centre. Arrêtez de jouer le rôle de victime, de sauveteur ou de persécuteur.

Au lieu de cela, trouvez et maintenez une position centrale. Gérez vos émotions de façon équilibrée.


Refusez d'accepter la force de votre adversaire. Ne luttez pas avec les autres participants du triangle et ne leur cédez pas. Au lieu de cela, effectuez un contre mouvement avec un adversaire qui lui permette de prendre pleinement une position gênante, indéfendable ou déraisonnable. Si vous avez réussi à prendre le centre, votre adversaire reculera, plutôt que de se démasquer.


Dans la philosophie orientale, nous ne voulons pas faire d'un être cher un adversaire. Nous voulons plutôt comprendre ses mauvaises habitudes et grâce à notre intelligence, trouver des compromis.


Comment éviter une vie de triangles dramatiques de Karpman?

En ayant conscience de ses dangers! Pour éviter les triangles dramatiques, nous devons cesser de jouer le rôle de victime, de sauveteur ou de persécuteur. Refusez d'être supérieur ou inférieur, refusez de vous comparer en permanence, refusez la comptabilité des sentiments. Trouvez votre place en vous écartant de ces jeux puérils.

Si notre éducation nous a prédisposés à entrer dans des triangles dramatiques, nous avons probablement des schémas de pensée bien ancrés qui doivent être remplacés par des schémas plus simples et plus sains.


Presque toutes les interactions conflictuelles avec une personne présentant des traits de personnalité toxique ou pervers narcissique sont basées sur la question de savoir qui est meilleur qui est pire, qui a raison, qui a tort, qui mérite d'être blâmé et qui mérite d'être encensé, qui a mieux réussi, qui a échoué...n'entrez pas dans ces jeux!


Pour briser la dynamique du supérieur et de l'inférieur, notamment en management, nous devons apprendre à accepter les différences et les similitudes entre nous et les autres comme n'étant ni bonnes ni mauvaises.

Cela signifie que nous nous verrons et verrons les autres personnes comme des individus uniques avec leurs propres forces et capacités, leurs faiblesses et leur manque de compétences, sans que le manager ne fasse des comparaisons stériles en distribuant des bons points.



Arrête d'être une victime. Ecoute tes propres désirs et fie toi à tes opinions, défends ton point de vue tout en écoutant autrui, prends ta part de responsabilité dans les difficultés sans céder à tout ce que l'autre veut. Rejette ton désir de te victimiser. Même si nous pensons être gentils et utiles, nous ne faisons que reproduire les dysfonctionnements de notre famille. C'est aussi une façon pour nous de ne pas nous sentir responsables de notre propre timidité et de notre peur dans les interactions entre nous et les autres. Cela conduit à un sentiment de passivité et d'impuissance qui, en fin de compte, nous empêche de prendre les mesures que nous pourrions prendre pour rendre notre vie différente, c'est-à-dire plus heureuse, plus saine et plus libre.


Lorsque nous commençons à nous sentir dépassés, incapables de faire face, déprimés et désireux de nous isoler, nous entrons dans le rôle de victime.


Pour cesser d'être une victime, nous devons être prêts à accepter les circonstances réelles de notre relation avec l'autre. Nous devons nous rendre compte que si quelque chose doit changer, c'est nous qui devrons faire les changements. Nous devrons affronter nos peurs et prendre de nouvelles mesures. Tu vas y arriver en y prêtant attention.


Arrêtez le jeu des reproches. Ne soyez pas un persécuteur. Lorsque nous vivons dans une relation dramatique, nous apprenons à blâmer les autres. On peut donner des instructions comme manager ou parent et dire aux autres ce que l'on veut plutôt que de leur reprocher de mal faire les choses ou de leur faire sentir une culpabilité. Tu auras tendance à obtenir de bien meilleur résultat en adoptant une culture non violente.

N'oublie pas que le sauveur occupe la position la plus centrale dans le triangle du drame - tu es le mieux placé, si tu es là, du moins au début, pour réorienter la dynamique vers un territoire sain pour toute l'équipe.


Cela signifie également que nous assumons la responsabilité de notre comportement et de nos sentiments à l'égard de l'autre sans avoir l'impression qu'elle contrôle nos sentiments ou nos actions. Cela signifie que si l'autre personne fait quelque chose que nous n'aimons pas, nous disons ou faisons quelque chose à ce sujet. Nous reconnaissons que nous choisissons la façon dont nous réagissons, sur le plan émotionnel et comportemental, sans accuser l'autre personne d'être à l'origine de nos sentiments et de nos actions.


Comment adopter des comportements sains en entreprise?


Arrête de vouloir transformer l'autre. On ne change personne. Si nous nous sommes occupés pendant longtemps d'un proche atteinte d'un trouble de la personnalité ou d'un problème psychologique, cette habitude peut être difficile à perdre.


Demande ce que tu veux. Dis non à ce que tu ne veux pas. Donne un feedback constructif. Entame des négociations. Agis de manière positive et diplomate.


Sois vulnérable, mais pas une victime. Fais preuve de maturité émotionnelle (vulnérable, mais pas dans le besoin), accepte la situation dans laquelle tu te trouves. Reste poli.e.

Sois attentif, mais ne laisse pas tes peurs ou ta culpabilité te contrôler . Il est important de reconnaître l'autre comme un égal (et non comme un inférieur) et de lui accorder le respect qui consiste à la laisser prendre soin d'elle-même, résoudre ses propres problèmes et gérer ses sentiments comme elle l'entend.