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Les troubles anxieux

Une personne sur dix souffre de troubles anxieux. Impression d’être submergé par les soucis du quotidien, malaises soudains et inexpliqués, peur insurmontable de monter dans un avion… L'anxiété n'est pas en soi une pathologie, mais des symptômes qui peuvent aller de la simple gêne à un véritable handicap, sont le signe d'un malaise. C'est pourquoi il est important de les reconnaître très tôt, et surtout de les prendre au sérieux, afin de les traiter efficacement.


Dans ce dossier, vous en saurez plus sur :

> Les crises d'angoisse,

> Les phobies,

> Les TOC,

> L'anxiété généralisée et les traitements appropriés à chaque cas.



Tous ceux qui ont déjà vécu une crise d’angoisse, savent à quel point elle est pénible.

Elle provoque un malaise généralisé avec un sentiment de mort imminente. La personne devient pâle, son rythme cardiaque s’accélère, jusqu’à la tachycardie, elle est agitée ou totalement prostrée, dans l’attente d’une catastrophe fatale.


Les symptômes ressentis peuvent associer une gêne respiratoire, des troubles digestifs, des nausées, des vomissements, des urines ou des selles abondantes.


La crise peut apparaître soudainement et prendre la personne par surprise, mais plus généralement, elle apparaît dans des situations connues. La personne anxieuse redoutera alors le lieu de la première crise et l’associera à la crise elle-même. A chaque fois qu’elle se retrouvera dans la même situation, la peur de la crise d’angoisse fera naître une nouvelle crise. C’est ce qu’on appelle la peur d’avoir peur.


Cette crise d’angoisse peut donc se traduire uniquement par des symptômes somatiques et c’est là qu’il faudra être vigilant pour ne pas passer à côté de la cause des troubles : l’angoisse.

Prenons un exemple : un jeune qui souffre de maux de ventre violents lorsqu’il se retrouve en salle de cours. Dans un premier temps, le médecin cherchera à établir un diagnostic en rapport avec ces douleurs abdominales. Il procédera à différents examens, cela peut donc prendre du temps avant que la cause anxieuse ne soit établie.

Dans ce cas, le trouble somatique va masquer la cause psychologique. Il va faire paravent. La personne aura tellement mal au ventre, ou tellement peur d’avoir mal au ventre dans la salle de cours, qu’elle aura tendance à fuir la salle de cours, plutôt que d’affronter la cause de son malaise.

Lorsque la crise d’angoisse a été identifiée comme telle, la réponse en urgence sera la prise d’anxiolytiques (de types benzodiazépines). Ces produits sont efficaces et calment la crise rapidement.


Toutefois, ils présentent l'inconvénient de ne pas régler le problème de fond et surtout de créer une dépendance et des phénomènes de rebond : à l’arrêt du traitement, les crises peuvent devenir plus fortes.


Un traitement de fond, c'est-à-dire en thérapie comportementale, consiste à apprendre à la personne à bien identifier ses crises, à bien les reconnaître et à savoir les parer, notamment avec des techniques respiratoires et de relaxation.


La phobie est une peur panique face à un événement non terrifiant par nature. Il existe plusieurs types de phobies :


> Les phobies spécifiques.

Elles touchent les personnes qui ont peur de vomir ou de se « faire dessus ».


Le pianiste Glenn Gould, par exemple, en était atteint. Redoutant d'être pris d'une crise au milieu de son récital, il partait les poches pleines de médicaments contre les maux de gorge et les maux de ventre. Le spectacle lui-même et l’exposition au public en étaient probablement la cause, mais il avait associée cette peur à une pathologie.


C’est le principe de la phobie : le malaise (mal de ventre ou nausée) est confondu avec le malaise de l’angoisse et, pour finir, l’angoisse provoque le malaise. La peur devient alors chronique. Ces phobies peuvent devenir tellement invalidantes que les personnes en arrivent à se cloîtrer chez elles et n’osent plus sortir, comme dans le cas de l'agoraphobie (pour les personnes qui redoutent la rue et la foule).


> Les phobies sociales.

Comme toutes les phobies, on les trouve à différents stades. Il peut s’agir d’une personne qui, craignant le regard des autres, se met à rougir. La peur de rougir provoque alors automatiquement le rougissement et c’est le cercle vicieux. La personne redoute que son malaise soit décelé par les autres et finit par éviter les contacts.


Les phobies sociales peuvent apparaître dans des pathologies psychiatriques, comme la schizophrénie. Ces phobies peuvent être extrêmement invalidantes, allant jusqu’à mettre en échec des étudiants au moment des épreuves orales.


> Les phobies face aux éléments naturels.

Araignées, souris, pigeons... Ces peurs peuvent faire sourire, mais elles peuvent provoquer de véritables crises de panique chez les personnes concernées.

Les malaises éprouvés sont absolument les mêmes que ceux des crises de panique : sueurs, tremblements, nausées, agitation, tachycardie, etc.


Dans ce type de phobies, on trouve aussi la peur de l’eau. L'appréhension est telle que les personnes phobiques pourraient, par peur, se noyer dans leur verre d’eau et doivent boire lentement par crainte de l’eau qui pourrait pénétrer dans leur nez.

Les traitements sont longs et délicats. De la même manière que pour les crises de panique, on peut envisager, dans les périodes de crise (quelqu’un devant absolument prendre l’avion malgré sa peur) la prise d’anxiolytiques.


Mais le traitement de fond le plus efficace reste la thérapie cognitive et comportementale : la personne est mise, petit à petit, dans la situation redoutée. Il s'agit d'abord d'en parler avec son thérapeute, car mettre des mots sur sa phobie est déjà source d'angoisse.


Par exemple, une personne ayant peur de vomir aura du mal à prononcer les mots qui s’y rapportent. Ce sera la première étape thérapeutique. Elle devra ensuite se mettre en situation, et par exemple, faire semblant de vomir (elle pourra pour cela être entourée de ses proches), ce qui lui permettra de constater que le regard extérieur n’est pas hostile, voire même compatissant.


Le stade ultime du traitement pourra être la prise de vomitif pour vérifier que le malaise n’est pas mortel, et que même si ce moment est désagréable pour tout le monde, il n’entraîne pas de catastrophe vitale.


Le traitement sera sensiblement le même, sur le principe, pour tous les types de phobies. L’agoraphobe sera mis progressivement en situation d’affronter la foule, le claustrophobe ira d’abord accompagné, puis seul, dans un ascenseur, etc.

Les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) sont aussi impressionnants qu’invalidants.


La personne, extrêmement angoissée, cherche à prendre le contrôle sur les événements de sa vie quotidienne. Sa manière de parer son angoisse obsédante est de ritualiser tous les gestes de sa vie : une manière illusoire de prise de contrôle.


> On trouvera donc les laveurs : ceux qui lavent et relavent les objets ou les couverts par peur panique des microbes ;


> Les vérificateurs : ceux qui vérifient des dizaines de fois de suite que la porte est bien fermée ou que l’objet est bien à sa place ;


> Les obsédés du ménage et du rangement, toujours dans la crainte de la saleté, de la maladie et de la perte de contrôle sur les événements.


> On touve également les obsessions idéatrices : ce sont ces personnes qui comptent et qui recomptent pour se rassurer. Elles font de manière obsessionnelle, toujours les mêmes calculs qui peuvent être des multiplications, par exemple. C'est une manière de faire barrage à l’angoisse qu’elles éprouvent face à la vie et à ses dangers.


Tous ces rituels, de calcul, de rangement ou de lavage ne sont que des manières illusoires de s’imaginer garder un contrôle sur une vie qui les effraie.

Ces TOC sont extrêmement pénibles pour la personne qui les subit, aussi bien que pour l’entourage dont la vie quotidienne tourne au cauchemar.


Les personnes atteintes de TOC deviennent souvent des tyrans domestiques. Toute la vie de la famille se retrouve conditionnée à ces rituels. Et la colère, ou l’agacement de l’entourage ne font qu’augmenter la peur de la personne malade.


Là encore, les traitements cognitifs et comportementaux sont les plus adaptés. Mais les thérapies sont longues et astreignantes.

On parle aussi de troubles anxieux généralisés (TAG). Ils se manifestent plus fréquemment chez les femmes et les jeunes adultes.


Dans ce cas, l’incertitude du lendemain, le non-contrôle face à l’avenir, est source d'anxiété permanente, et conduit les personnes atteintes à se faire « du soucis » tout le temps. Le lendemain est donc envisagé comme dangereux et source de catastrophe.


Cela peut entraîner de nombreux symptômes, comme une grande fatigue, des troubles du sommeil, des douleurs et même des états fébriles. Cette anxiété généralisée (autrefois appelée névrose d’angoisse) revêt deux grands aspects :


> L’attente anxieuse est le symptôme le plus fréquent et le plus durable dans le temps. Les signes les plus courants sont le sentiment d’insécurité, l’attente d’une menace imprécise, l’exagération du moindre souci, l’anxiété paroxystique le soir, ou encore la peur d’une mort imminente.


> L’attaque d’angoisse est, au contraire, plus rare, mais elle est aussi plus brutale et survient sans prévenir. Les symptômes sont les mêmes que ceux de la crise de panique, associés à des symptômes somatiques : augmentation de la tension artérielle, tachycardie, troubles cardio-vasculaires, accès de toux, troubles digestifs, troubles uro-génitaux, maux de tête ou troubles du sommeil...


Ces TAG peuvent être le signe d’une dépression ou peuvent entraîner une dépression. D'autant que ces troubles sont aussi difficiles à vivre pour l'entourage qui finit plus ou moins vite par perdre patience, et ne plus prendre au sérieux les craintes récurrentes de la personne.


Les solutions

La psychanalyse traditionnelle permet de comprendre l'origine des angoisses et leurs mécanismes, mais elle n’a jamais donné de preuves concrètes de son efficacité dans ce type de pathologie.


Les thérapies comportementales ou les antidépresseurs dans le cas de dépression associée, restent les meilleures réponses.

Ces troubles-là sont plus faciles à identifier. C’est ce que les psychiatres appellent les PTSD (Post traumatic stress disorder). Prenons un exemple : quelqu'un qui se ferait agresser par un homme portant un blouson noir, en viendrait à craindre toutes les personnes qui portent un blouson noir. La seule vue d’un blouson noir lui rappelle l’événement traumatique et provoque des crises anxieuses. Les traitements des troubles anxieux Il existe deux grands types de traitements possibles : les traitements médicamenteux et les thérapies comportementales. > Les traitements médicamenteux Dans l’urgence, on utilisera les anxiolytiques, de type benzodiazépine, mais ces traitements présentent plusieurs effets négatifs. Ils agissent comme une sorte de béquille utile dans les périodes de crise, mais ils entraînent également une dépendance qui peut devenir à elle seule une nouvelle pathologie. Cette stratégie n’est pas non plus efficace à long terme car elle masque la cause. Si elle permet d’affronter temporairement la situation jugée dangereuse, elle ne permet pas de réaliser que cette situation, justement, n’est pas dangereuse en réalité. En traitement médicamenteux de fond, le médecin pourra aussi prescrire un antidépresseur. Ce médicament a la faculté de réguler l’humeur, sans toutefois entraîner de dépendance.



> Les thérapies comportementales Le thérapeute explique à son patient les mécanismes psychiques qui le font souffrir. Il lui apprend à se relaxer, à faire face à l’événement effrayant. Et surtout, il lui apprend progressivement à affronter la situation source d’angoisse. Ce n’est qu’en se confrontant à la situation dans des conditions rassurantes que la personne pourra vérifier que cette situation est sans danger réel.


Découvrez aussi le témoignage courageux de Marine.


Marine, 48 ans, raconte sa phobie, ses angoisses...


De quel trouble souffrez-vous ?

On devrait dire de quels troubles... au pluriel ! J’ai très peur de vomir, d’être vue en train de vomir... depuis que je suis petite. La première fois où j’ai ressenti ça, j’étais dans la rue. Mon grand-père venait de mourir et je l’aimais beaucoup, j’ai ressenti une forte envie de vomir. Il y avait des gens autour de moi, mais moi j’étais seule, pas une main amie à tenir... Depuis, j’ai très peur de me retrouver seule dans la rue.


Comment vous en sortiez-vous à l'époque ?

Cela m’a pourri des années de ma vie, à tel point que quand j’étais en fac, j’avais beaucoup de mal à rester dans un amphithéâtre. Je devais prendre des anxiolytiques pour pouvoir suivre mes cours, ou quand j’allais au cinéma, j’avais tellement peur d’avoir envie de vomir pendant le film que je devais m’asseoir près d’une sortie, ou le plus près possible des toilettes, pour pouvoir m’enfuir en cas de besoin. Et je me suis enfuie bien souvent, j’en ai raté des soirées ! Donc, à cause de cette peur de vomir, je suis devenue agoraphobe.


Comment vous êtes-vous soignée ?

Je ne suis pas totalement sortie d’affaire. J’ai fait six ans d’analyse, à parler de ça deux fois par semaine. Au début, ça a été un véritable combat contre moi-même : j’allais chez mon psy avec un sac en plastique, pour le cas où j’aurais envie de vomir dans la salle d’attente ou pendant l’entretien ! Le seul fait de parler de ma peur provoquait une crise d’angoisse avec l’envie de vomir. Mais je suis tombée sur un bon psy.


Où en êtes-vous aujourd'hui ?

J’ai toujours peur de vomir, mais j’ai élaboré des parades pour maîtriser ma peur. Et surtout, je sais différencier une véritable envie de vomir d’une crise d’angoisse. J’ai pris le contrôle de la situation. Je sais bien que le meilleur moyen est d’affronter une thérapie comportementale, mais ma peur est toujours trop puissante pour me permettre d’aller la confronter. Je ne me sens pas capable de risquer de vomir pour ne plus avoir peur de vomir, mais je sais que je le ferai, un jour... Et puis, j’en ai beaucoup parlé dans mon entourage. Mes amis sont très précieux pour moi. Certains m’ont même proposé de vomir à côté d’eux en me promettant qu’ils m’aimeraient toujours autant. C’est très rassurant. Je ne l’ai pas encore fait, mais je sais que je le peux, c’est déjà important.



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