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Le sport donne une force mentale très naturelle

Interview de Colombe Schneck, écrivaine

Par Marie-Laure Sauty de Chalon




Es-tu intéressée par le développement personnel?


Je n’aime pas beaucoup les injonctions de développement personnel et j'ai du mal à y croire - je dois vivre l'instant présent- il faut se laisser aller- ne signifient pas grand-chose pour moi. Même si elles sont très à la mode, je fais tout le contraire, je suis très anxieuse, je vois l’avenir de façon catastrophique!

J'ai par ailleurs traversé un changement professionnel, des crises personnelles, un divorce...je me suis convaincue qu'il fallait s'en sortir plutôt que de tenter de se recentrer sur soi.


Lorsqu'on est écrivain(e), on est souvent attaqué(e)...Faut il répondre aux messages haineux dans les réseaux sociaux ?


Il m’arrive de répondre aux commentaires, aux tweets par exemple pour tenter de comprendre car il m'a toujours semblé qu'il faut essayer de comprendre ceux qui ne pensent pas comme soi. Mais quand on est insulté, il faut fermer la porte comme a fait Leila Slimani en quittant les réseaux sociaux.Elle a raison de le faire et je la comprends.

As-tu fait l'expérience de la thérapie par le sport?

Mon éducation tournait autour de la chose scolaire, la lecture, l’éducation, le travail.

Pour mes parents, le corps et l’âme étaient séparés. Alors qu'ils étaient médecins, le corps était intéressant mais comme un objet à soigner. En dehors de ça, le corps n’avait pas d’importance. Or, tout a changé pour moi le jour où je me suis aperçue que j’avais un corps! Un amoureux m’avait expliqué qu’on pouvait s’allonger et ressentir des sensations, des douleurs dans le dos, dans le cou, remonter à partir des doigts de pieds, faire des exercices très simples. Vous pouvez vous sentir un peu idiots à penser à ces gestes mais en ralentissant, je me suis rendu compte que je pouvais être moins maladroite et que je prenais conscience de mon corps.

Comment la nage s'est -elle imposée à toi?


J'ai toujours aimé l’eau et j’allais nager parfois . Mais après un souci, j’ai pensé que nager pourrait noyer mon chagrin et j’ai trouvé un sens à ma vie! J’ai pris des cours de crawl qui m'ont énormément appris sur moi. Par exemple, si je relevais la main au dernier moment, si j’allais moins loin, est ce juste parce que j’avais peur de prendre trop de place? Alors que j'avais fait une longue analyse, là, j’apprenais des choses importantes.

J’apprenais à prendre plus de place par exemple. Tandis que je nageais dans un effort permanent, j’ai appris que par la douceur, on pouvait gagner en force et je suis convaincue que chaque sport recèle des trésors d’apprentissage.


Je me suis rendue compte que trois fois par semaine, 30 minutes était un bon équilibre pour moi. Au bout de trois mois, j’ai remarqué que la tristesse que je portais avait disparu. Le sport donne une force mentale très naturelle.


Quels enseignements peux-tu partager?


Chaque sport apprend à mieux respirer. Respirer est tellement naturel.

Prendre trois longues respirations fait juste du bien, on devrait l'enseigner en maternelle. Quand tu arrives à être dans l’instant présent, tu es présente au monde, tu peux ressentir ce qui se passe. Et j'ai constaté que j’écris mieux car je suis plus attentive.

L'écriture, c’est un exercice d’empathie, un exercice d’observation du monde.







La Tendresse du Crawl chez Grasset

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