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Florence Giacometti

Comment as-tu vécu toute cette année 2020?


J’ai été surprise par le deuxième confinement. Le premier confinement m'a semblé être une période de repli familial, professionnel assez enrichissant tandis que le deuxième a été traversé avec des tensions individuelles, des conflits qui ressortaient comme si tout avait été mis sous le tapis avant...


Fallait-il lâcher prise pour être plus heureux?


En entreprise, on a plus ou moins théorisé le syndrome de la cabane, c’est-à-dire la mise en place de son propre système pour résister aux chocs.On essaye de s’autoriser à avoir peur, à être en colère, à ne pas juger. C’est une émotion et le premier pas nécessaire, c’est de l’accepter. Pour cela, il faut lâcher prise, accepter que tu n’as pas la main sur tout et voir tes émotions telles qu’elles viennent. Observer ce qui te met dans cet état là.


Il y a finalement trois états importants à connaître: la peur, la tristesse, et la colère. Contre la colère, c’est plus facile d’agir, on peut apprendre à la maîtriser. Dans le cas de la tristesse, il faut vérifier qu’elle n’est pas liée à un événement ou un état, qu’elle n’est pas cyclique, avec un schéma à travailler en thérapie et non pas en coaching. Quant à la peur, il faut apprendre le lâcher prise, pour prendre conscience de ses croyances "bloquantes". Réussir à lâcher prise, c'est accéder à une certaine liberté.

Dans mon coaching, je pose souvent la question suivante: " c’est quoi la réussite pour toi ?que peux-tu convoquer pour te donner une meilleure assise?"

Car si on sait mieux ce que l’on veut, on résiste mieux à des schémas bloquants, à des spirales négatives.

Je vois beaucoup de personnes qui atteignent 40 /45 ans parce qu'elles ont un inconfort. Un job qui ne leur convient plus bien, une part de sentiment de ne plus être très utile, mais aussi une envie de changer... Comment sortir de sa zone de confort ?

Ce n’est pas toujours un objectif mais il y a souvent une volonté de progression pour apprendre à faire autrement, pour réinventer une vie nouvelle.


Conseilles-tu le changement pour être plus heureux?


Un changement, c’est forcément une prise de risque.

Il y a un exercice que j'aime beaucoup faire: je demande souvent en groupe "changez quelque chose sur vous !"

La plupart des gens enlève une barrette, une chaussure, une alliance et je leur dis à chaque fois que changer, ce n’est pas forcément enlever... ça peut être aussi ajouter.

Ajouter quelque chose, modifier quelque chose en soi, sortir de sa zone de confort, c’est par exemple ajouter des nouvelles compétences!


La confiance en soi est-elle un élément clé pour retrouver un job ?


Evidemment, il faut avoir confiance en ses capacités et savoir exprimer qui on est et ce qu'on peut apporter aux projets.

Mais je propose toujours aussi de se déséquilibrer un peu pour ne pas "ronronner", pour se redonner envie. Par exemple dans un entretien d’embauche, je conseille d’y aller en ayant confiance en soi mais pas trop, de s’habiller évidemment dans les codes de l’entreprise mais aussi d'ajouter un très léger déséquilibre, une couleur nouvelle, des talons quelque chose qui va vous faire sentir un peu différent.

Un entretien mérite cette petite attention, ce léger déséquilibre, c’est comme entrer dans une arène, il faut se préparer.



A propos de Florence Giacometti


Belge, 56 ans, diplômée de Sciences Po Paris, elle a démarré sa carrière en 1986 et exercé, pendant plus de 20 ans, des fonctions de direction développement, marketing, communication dans l’événementiel et les médias à l’international : Reed Midem, FremantleMedia, Cyril Lignac, Emap, France Media Monde (RFI France24, TV5Monde).

Coach certifiée, elle créée InLoop, cabinet de coaching pour les métiers des industries créatives et culturelles en 2011.

Particulièrement intéressée par les arts visuels et la place de l’image dans nos sociétés, elle exerce depuis 2017 les fonctions de Déléguée Générale du BAL, lieu d’exposition et de pédagogie dédié à l’image contemporaine.

Engagée en faveur de la parité et de la diversité, Florence Giacometti accompagne depuis 2012, des jeunes femmes à haut potentiel issues de la diversité dans leur recherche d’emploi au travers du programme PasserElles de Mozaik RH.

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