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Comment savoir si mon psy ne gère pas son contre-transfert

Pourquoi parle-t-on de transfert et de contre-transfert en thérapie ?

Certaines relations thérapeutiques suscitent des émotions particulièrement fortes. Admiration, attachement, colère, dépendance, sentiment de rejet ou besoin de reconnaissance peuvent parfois émerger au fil des séances.

Ces réactions ne sont pas forcément problématiques. Elles font même partie des phénomènes étudiés depuis plus d'un siècle en psychologie clinique et en psychanalyse.

Le transfert désigne les émotions, attentes ou représentations qu'un patient peut projeter sur son thérapeute. Le contre-transfert correspond quant à lui aux réactions émotionnelles que le professionnel peut ressentir envers son patient.

Comprendre ces mécanismes permet souvent d'éclairer certaines dynamiques relationnelles et d'améliorer le travail thérapeutique lorsqu'ils sont identifiés et analysés de manière appropriée.

Ce que disent les professionnels de la santé mentale

Les notions de transfert et de contre-transfert ont été développées à l'origine par Sigmund Freud avant d'être approfondies par de nombreux auteurs en psychologie clinique et en psychanalyse.

Aujourd'hui, ces concepts restent utilisés dans plusieurs approches thérapeutiques. Ils permettent d'observer comment certaines expériences relationnelles passées peuvent influencer la relation entre le patient et le thérapeute.

Les réactions émotionnelles observées dans le cadre d'une psychothérapie ne signifient pas nécessairement qu'il existe un problème dans la relation thérapeutique. Elles constituent souvent un matériel clinique utile lorsqu'elles sont reconnues et travaillées dans un cadre professionnel adapté.

Précisons qu'un patient ne peut généralement pas déterminer avec certitude si un thérapeute présente un contre-transfert mal géré. Certains comportements peuvent susciter des interrogations, mais ils peuvent également avoir d'autres explications liées au contexte thérapeutique ou à la méthode utilisée.

Comment savoir si mon psy ne gère pas son contre-transfert
Comment savoir si mon psy ne gère pas son contre-transfert

Les caractéristiques d'un contre-transfert mal géré

Il peut être difficile de savoir avec certitude si un psy gère adéquatement son contre-transfert, c'est-à-dire ses propres émotions et réactions envers le patient. Cependant, voici quelques signes potentiels qui pourraient indiquer des difficultés dans la gestion du contre-transfert :

  1. Réactions émotionnelles excessives : Si vous remarquez que votre psy réagit de manière disproportionnée ou émotionnellement chargée à ce que vous partagez pendant la séance, cela pourrait être un signe que leur propre contre-transfert interfère dans la relation thérapeutique.

  2. Jugement ou critique : Si vous ressentez du jugement, de la critique ou de l'hostilité de la part de votre psy sans raison apparente, cela peut indiquer une difficulté à gérer leur contre-transfert négatif envers vous.

  3. Manque d'empathie ou de compréhension : Si vous avez l'impression que votre psy a du mal à vous comprendre ou à faire preuve d'empathie envers vos expériences émotionnelles, cela peut être le résultat d'un contre-transfert non résolu ou mal géré.

  4. Absence de neutralité : Un psy efficace cherche à maintenir une certaine neutralité professionnelle pour vous offrir un espace de sécurité et de soutien. Si vous constatez que votre psy prend parti, exprime des préférences personnelles ou laisse leurs propres opinions influencer le traitement, cela peut indiquer une difficulté à gérer leur contre-transfert.

  5. Changements fréquents de dynamique thérapeutique : Si vous observez des changements fréquents dans la manière dont votre psy vous traite ou interagit avec vous, cela peut indiquer une instabilité dans leur gestion du contre-transfert.

Ces signes ne sont pas nécessairement concluants et peuvent avoir d'autres explications. Si vous avez des préoccupations concernant la gestion du contre-transfert de votre psy, il peut être utile d'en discuter avec lui directement.

Une communication ouverte et honnête peut aider à clarifier les problèmes potentiels et à renforcer la relation thérapeutique.

Si les difficultés persistent malgré le dialogue engagé, il peut être pertinent d'envisager un second avis ou de réfléchir à l'opportunité de poursuivre votre accompagnement avec un autre professionnel.


Quand envisager un second avis ?

Si vous ressentez un malaise persistant dans la relation thérapeutique, si la communication devient difficile ou si vous avez le sentiment que vos besoins ne sont plus entendus, il peut être utile de demander un second avis auprès d'un autre professionnel qualifié.

Cette démarche ne signifie pas que votre thérapeute agit de manière inappropriée. Elle permet simplement d'obtenir un regard complémentaire et de poursuivre votre réflexion dans un cadre serein.


Comment savoir si on fait un transfert ?

Reconnaître si vous faites un transfert peut être un processus complexe, car cela implique d'explorer vos propres émotions, pensées et réactions dans la relation thérapeutique. Voici quelques signes qui peuvent indiquer que vous faites un transfert :

  1. Émotions intenses envers le thérapeute : Si vous ressentez des émotions intenses envers votre thérapeute, telles que l'amour, la colère, l'admiration ou la dépendance, qui semblent disproportionnées par rapport à la relation thérapeutique, cela peut être un signe de transfert.

  2. Idéalisation ou dévalorisation : Vous pouvez avoir tendance à idéaliser votre thérapeute, en le percevant comme parfait, ou à le dévaloriser, en le voyant comme incompétent ou indifférent. Ces sentiments excessifs peuvent être indicatifs d'un transfert.

  3. Répétition de schémas passés : Si vous vous retrouvez à revivre des schémas ou des dynamiques relationnelles passées dans votre relation avec votre thérapeute, cela peut être un signe de transfert. Par exemple, vous pourriez projeter des attentes ou des comportements de figures parentales sur votre thérapeute.

  4. Forte dépendance émotionnelle : Vous pouvez ressentir une forte dépendance émotionnelle envers votre thérapeute, cherchant constamment son approbation ou son soutien. Vous pourriez avoir du mal à prendre des décisions ou à gérer vos émotions sans leur présence.

  5. Sentiment de familiarité ou d'intimité : Si vous vous sentez particulièrement à l'aise ou en sécurité avec votre thérapeute dès le début de la relation, cela peut indiquer un transfert. Vous pouvez vous sentir en confiance pour partager des informations personnelles ou intimes plus rapidement que vous ne le feriez normalement.

  6. Ressentir une forte réaction à des absences ou à des changements dans la relation thérapeutique : Si vous avez une réaction disproportionnée à des absences ou à des changements dans les séances thérapeutiques, cela peut être un signe de transfert. Par exemple, vous pourriez ressentir un fort sentiment d'abandon ou de trahison.

La reconnaissance d'un transfert ne se fait pas toujours de manière évidente et cela peut nécessiter du temps et de la réflexion. Si vous avez des doutes sur l'existence d'un transfert, il peut être utile d'en discuter ouvertement avec votre thérapeute. Ils sont formés pour comprendre et travailler avec les transferts et peuvent vous aider à explorer vos émotions et vos réactions dans le cadre thérapeutique.


Comment travailler son contre-transfert ?

Travailler son contre-transfert est un processus essentiel pour les professionnels de la santé mentale afin de maintenir une relation thérapeutique saine et de fournir des soins efficaces. Voici quelques conseils pour travailler sur son contre-transfert :

  1. Conscience de soi : Il est important d'être conscient de vos propres émotions, réactions et préjugés lorsque vous interagissez avec vos patients. Prenez le temps de réfléchir à vos propres sentiments et expériences qui pourraient être activés pendant les séances thérapeutiques.

  2. Supervision et formation continue : Participer à une supervision régulière avec un superviseur qualifié peut vous aider à explorer et à comprendre les aspects de votre contre-transfert. La supervision offre un espace pour discuter des réactions émotionnelles et des défis rencontrés lors des séances thérapeutiques.

  3. Formation et développement professionnel : Poursuivez votre développement professionnel en participant à des formations, des ateliers ou des conférences axés sur la gestion du contre-transfert. Cela vous permettra d'acquérir de nouvelles compétences et de nouvelles perspectives pour mieux comprendre et gérer vos réactions émotionnelles.

  4. Thérapie personnelle : Engagez-vous dans votre propre processus de thérapie personnelle. La thérapie peut vous aider à mieux comprendre vos propres dynamiques émotionnelles, à travailler sur vos propres expériences passées et à renforcer votre capacité à gérer votre contre-transfert.

  5. Réflexion et auto-évaluation : Prenez le temps de réfléchir régulièrement à vos séances thérapeutiques. Interrogez-vous sur vos réactions émotionnelles, les moments où vous pourriez être influencé par votre contre-transfert et comment cela pourrait affecter la relation thérapeutique.

  6. Utilisation de techniques d'autorégulation : Apprenez des techniques d'autorégulation pour gérer vos émotions pendant les séances thérapeutiques. Cela peut inclure des exercices de respiration, la pleine conscience ou d'autres méthodes qui vous aident à rester centré et à maintenir votre objectivité.

  7. Consultation collégiale : En cas de difficultés particulières avec un patient, n'hésitez pas à solliciter des avis et des conseils auprès de collègues ou de professionnels de confiance. Une perspective extérieure peut vous aider à mieux comprendre vos réactions et à prendre des décisions éclairées.

Le travail sur le contre-transfert est un processus continu et évolutif.

Nous sommes tous humains et nous pouvons être influencés par nos propres expériences et émotions. En travaillant activement sur votre contre-transfert, vous pouvez renforcer votre compétence clinique et améliorer la qualité des soins que vous offrez à vos patients.


Note d'autrice


Article rédigé par Anastasia Morel, autrice spécialisée dans les thématiques de psychologie, santé mentale et développement personnel.

Les informations présentées s'appuient sur la littérature en psychologie clinique, les travaux de recherche sur l'alliance thérapeutique et les publications destinées au grand public.

Disclaimer

Cet article a une vocation informative.

Il ne constitue ni un avis médical, ni un avis psychologique personnalisé.

Toute difficulté relationnelle ou émotionnelle vécue dans le cadre d'une psychothérapie mérite d'être discutée directement avec le professionnel concerné ou avec un autre praticien qualifié.

Sources

  • American Psychological Association (APA).

  • British Psychological Society (BPS).

  • Freud S. – The Dynamics of Transference.

  • Jung C.G. – Psychology of the Transference.

  • Psychology Today – Understanding Transference.

  • National Institute of Mental Health (NIMH).

  • American Psychoanalytic Association.le Aubert, autrice spécialisée dans les thématiques de psychologie, santé mentale et développement personnel.

Les informations présentées s'appuient sur la littérature en psychologie clinique, les travaux de recherche sur l'alliance thérapeutique et les publications destinées au grand public.

Disclaimer

Cet article a une vocation informative.

Il ne constitue ni un avis médical, ni un avis psychologique personnalisé.

Toute difficulté relationnelle ou émotionnelle vécue dans le cadre d'une psychothérapie mérite d'être discutée directement avec le professionnel concerné ou avec un autre praticien qualifié.

Sources

  • American Psychological Association (APA).

  • British Psychological Society (BPS).

  • Freud S. – The Dynamics of Transference.

  • Jung C.G. – Psychology of the Transference.

  • Psychology Today – Understanding Transference.

  • National Institute of Mental Health (NIMH).

  • American Psychoanalytic Association.


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